un dimanche

Un jour à rêver.

Les vagues se succèdent dans ma cuisine bleue. Tantôt la mer. Tantôt l'océan. Je suis bercée par la chaleur de ce dimanche à vagabonder sur la feuille blanche. L'eau bleue s'énergétise en plein soleil. Tout comme ma peau claire qui s'étale au grand jour. Je passerais mon temps à regarder les fleurs accoucher de leurs couleurs. Je passerais mes heures à observer les feuilles exploser des bourgeons. A contempler les abeilles butiner. Papillons. La terre a la magie que je connais. Merveille. Celle qui n'a pas de prix. Celle qui frissonne sous le vent, étincelle au moindre rayon du soleil. La magie des jours qui battent des ailes, s'accrochent à la lumière, brillent de toutes les couleurs, s'éveillent aux chants d'avril. 

La vie a la douceur des anges en cet après midi. La poésie s'est installée en terrasse. Sur une chaise longue. Le thé "Olympe Rose d'Amour" est posé sur la table. 

Le service en porcelaine a des habitudes de légèreté à seize heures au paradis.

Je m'émerveille du grand arbre au bord de l'Ill. A toutes saisons, il est pur régal. Là, ses branches sont enveloppées de son duvet vert tendre qui laisse de la place au bleu du ciel dedans. Un bel oiseau noir est tout en haut perché. Il se balance si paisiblement. L'image est de toute beauté. Et hop! Il s'est envolé.

Il n'y a pas de plus belle parole que le chant de ses ailes lorsqu'elles se déploient. Pas de plus belle pensée que celle qui me vient lorsque je l'entends chanter au loin. Pas de soins plus chaleureux que ceux que je reçois de Lili qui ronronne à mes côtés depuis seize ans. Pas de solitude plus exquise que celle que je choisis. Elle n'est pas toujours simple à faire comprendre mais je n'y perds plus mon temps. 

Je laisse les pensées couler sur place. 

Le temps est bien trop court pour s'en préoccuper. Faire pousser la vie en silence me rend si heureuse. Je regarde les Coucous se dresser au milieu du jardin. A l'ombre du groseillier. Délicatesse. De la tasse jusqu'à ma bouche. De cette liqueur de Roses qui parfume le palet. Des enfants passent. J'aime leurs pas joyeux. Leurs accélérations. Leurs rires qui disent tout de cet instant magique. 

J'entends des pas plus lents, plus lourds sur le gravier. Parfois des voix s'élèvent pour dire : ceux qui habitent l'endroit doivent être bien heureux. Je confirme. C'est un bonheur de vivre en rez-de-jardin. Orientation plein sud. Lumière toute l'année. Et dans notre Est de France, c'est bien utile pour les coeurs sensibles. 

Une maman passe avec son tout petit. Elle lui parle douceur. Tendresse du moment. Et dans l'autre sens, c'est un jeune papa qui pousse la poussette. Le pas déterminé.

C'est un peu comme si tout le monde s'était donné rendez-vous en cet après midi. Après ces longs froids denses et sa coupole grise, c'est un large sourire qui s'accroche aux visages, au creux des voix qui se baladent. Un jour. Un beau dimanche. Je raffole.

Éternité. 

Les abeilles sont bel et bien au rendez-vous. Savent-elles mon bonheur? Je leur dis tout bas et explose de ma joie silencieuse pour mieux les écouter. Aujourd'hui, je n'ai pas parlé, j'ai écrit. Je n'ai rien dit. J'ai lu.