malou mosaique

21 juillet 2019

Vision

Je cultive la patience comme un poisson rouge dans son bocal. Un jour je retournerai à l'océan de mon coma. L'amour pur est ma loi. Je ne m'en détourne pas. Rien ne me fera tanguer jusque-là. Que ce soient les coups portés. Les salissures.

J'irai au bout sans faillir ni maudire.

Forte des oiseaux de passage. Des dauphins aux oreilles. Il n'y a plus d'heure pour souffrir. Rien que le vent qui passe comme la vague qui s'échoue. Je raconterai un jour. Témoignage de mille feux.

Au son de mon tambour j'abolis les frontières. Celles du néant. Lunaire est mon ancrage. Solaire est mon sourire. De toutes les joies mêlées je chanterai l'azur. Le ciel à ma portée jusqu'à l'infiniment. Le grand tout petit.

Solidement amarrée à la paix qui frissonne, fait vibrer l'intérieur jusqu'à la démesure. Il y a un endroit où il y a de la place. C'est dans le non donné et non recevoir. Avec fluidité être au creux du milieu. Divinement blottie. Divinement secourue. La grâce d'un vaste champ qui devant moi s'élève. Y poussent toutes les fleurs de mes graines germées.

Il n'y a pas de pouvoir. Pas de révolte sombre. Juste l'acceptation de regarder fleurir. Et de s'épanouir.

Robuste comme un chêne je m'éloigne du lourd. Les gouttes d'eau en moi se joignent à la pluie. Fraîche. A l'orage qui bourdonne. A sa simplicité. L'éclair comme une flèche. Plus de double perdu dans mon immensité. Refus.

Des secondes une à une à étreindre. A nettoyer, rincer, cultiver. Et j'y suis arrivée. Oui j'y suis parvenue. Pas de naufrage sur terre. Plus de bulle de savon. Forteresse. Légère. Libre des vieux démons. Des ancêtres qui aboient au creux de mon giron. Calmer la fureur d'être. La rage de survivre. Pour flotter dans l'air pur. Comme à pas de géant.

Aucun éblouissement devant la lumière qui m'attend. Aucune noyade. L'éternité en tissus portés. Déportés de l'ailleurs. Dans des camps, des prisons. Ouverture, sois totale. Puissent les ancêtres entendre au coeur de chaque cellule de ce tout si vivant. Reliée à profusion à la force de vie que tout le monde peut entendre. Que tout le monde espère. Dans l'ici. Rêve qui s'éternise devient réalité.

Par le trou de la serrure j'ai vu le tout petit et le tellement vaste. Tant de mondes ici-bas. Tant de chance à percevoir, à écouter, à faire grandir. Jusqu'à l'épuisement je franchirai les murs. Tout en moi peut changer jusqu'à la paix sereine. Un foulard noué. Jusqu'à la plus inhabituelle des parcelles de terre. Bain du tréfonds. Cadence. Danse. Ris aux éclats du jour et de mes nuits. L'encre n'a pas de pudeur. Des mots comme des colliers. Sur la terre des voyages immobiles je dépose un baiser. Je remercie. Je jure. Mouvements délicats.

A la planète souterraine. Aux pierres qui roulent et se transforment. Je parle. Ne rien laisser faire et ne surtout pas taire. Porter ce lourd pesant jusqu'au cri terminal. Dans la forêt qui vit en moi je demande pardon. Sur les ocres et les sables. Les terres arides et chaudes. Les glaciers qui s'effondrent. La boue qui envahit. J'aboie comme le loup. Saccage sauvage.

Comme sur moi.

Je n'ai pas envie d'être à la mode. Déjà avec une montre, ce n'est pas très logique. Je perds mon sens de l'orientation dans ce tout va plus vite. Alors attendre sur le tapis bleu de la salle de bain. Attendre le mot suivant qui va ruisseler. Prendre ce temps enfin. Pour écouter le ventre qui gargouille, la voix qui prend son temps et remet ses lunettes. Pour atterrir encore entre les lignes du cahier. Mouillé par l'envolée. Essoufflée du jet, reprendre la cordée des carreaux qui s'enchaînent. Un bonheur retrouvé qui quand il part m'affole. C'est mon meilleur allié. Mon cahier d'écolier. Quarante huit pages à griffonner. Jamais direct sur le clavier. Plus tard je relis. Plus tard je tape sur l'écran. Après avoir écouté dans mes yeux, dans ma bouche la cadence de ce chant qui en moi résonne. Comme une danse.

Elle est là. L'écriture. Elle ne dit rien de plus. Elle arrive quand elle veut chuchoter à l'oreille, se percher à la ligne. Comme l'hirondelle, elle tournoie, elle attend que les autres arrivent pour reconstruire le nid. Douillet de plumes et de morceaux de boue. Elle n'a aucune attache. S'efface comme l'ombre. A son zénith. En plein été. Elle n'a pas d'odeur. Pas de parfum précis. Elle revient quand elle veut après mille pages blanches. C'est une éternité qui n'a pas d'heure. Elle sonne à ta porte n'importe quand. Et si tu n'es pas là pour la cueillir à temps. Elle retourne voyager loin de toi. Des mois durant. Il y a des conditions de réceptivité. Un lieu qui n'appartient qu'à l'écoute profonde. J'écrirais des sommets si seulement je pouvais.

Toujours insatisfaite tu reviens à la tâche. Espérant simplifier. Evitant parenthèses. Pourtant les parenthèses tu les aimes tellement. Tu ne sais raconter qu'en chemins de traverse. Tu bégaies quand tu parles. Sauf. Quand le coeur est relié à la note qui suit. Elle demande ta présence comme un enfant perdu. Abandonnée sans voie. Elle ne crie même plus. Elle remonte sur toi la douce couverture. Je la voudrais velours comme la peau d'une mère. Laisse moi grandir encore. Ne pars pas si vite.

Trop tard. Elle est partie.

 

 

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30 juin 2019

Respiration alternée

Quand à 22h50, tu sors dans ton petit jardin poétique, entends si fortement les sifflements des climatiseurs de tous tes voisins se déverser, qu'un blanc laiteux envahit le ciel au dessus de ta tête depuis pas mal d'heures comme depuis plusieurs jours jouant à cache cache avec le vent, qu'aucune feuille ne bouge et que tu vois au combien la nature souffre à tes côtés. Que tu entends parfaitement son appel au secours. Tu ne portes aucun jugement. Tu observes. Tu n'as même plus envie de te plaindre de ces horribles crises d'asthme qui t'étouffent. Tu as bien conscience que pour d'autres c'est pire. Alors dans ce brouillard vert désertique, tu distingues la force d'une fleur qui offre encore son jaune presque fluorescent. Sa force t'inspire le respect. Mais tu palpes une fois de plus l'ampleur du mur à franchir pour ton humanité. A l'intérieur. Tu t'y engouffres. Te connectes avec l'heureux grillon qui se réjouit de la nuit qui s'installe. La fête foraine s'envole à deux pas. Il y a quelques étoiles qui tentent d'aider le ciel comme elles peuvent. A passer de ce violet grisâtre au bleu profond. Tu vas y arriver ma belle étoile. Tu es même une planète. Je te reconnais dans ce flou. Oui. Tu vas réussir à percer tous les nuages qui passent.

Il y a toujours un morceau d'éternité à faire briller.

Dans mon immensité.

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19 octobre 2018

atelier "détente poétique et musicale"

Chaque mardi ou chaque jeudi, du 30 oct au 13 décembre, de 14h à16h30, je vous accueille dans mon univers pour un moment suspendu :
Atelier "Détente Poétique et musicale"
Déroulement :
- petit travail corporel tout doux pour revenir à soi
- sieste poétique et musicale : je vous emmènerai voyager intérieurement aux sons de ma voix, de mes instruments, de mes chants et de ma poésie selon l'inspiration du moment.

2 ou 3 places disponibles par séance. Ambiance douce paisible et en confiance.
Tarif par séance : 15 euros

Question et inscription en MP ou par tel.
Inscrivez vous au minimum 1 semaine à l'avance et si je ne suis pas prévenue 48h avant la séance de votre absence, la séance sera due.
Attention amis allergiques aux chats, Câlinou qui est sur la photo sera présent à chaque séance.

 

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27 septembre 2018

Viens renforcer ton coeur les 13 et 14 octobre

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03 septembre 2018

Atelier mosaïque : Viens renforcer ton coeur

atelier malou mosaique 5

 Je vous propose un atelier mosaïque pour adulte dans mon univers à Strasbourg les week-ends du 13,14 oct, 27,28 oct, 24,25 novembre et 15,16 décembre 2018.
Sur le thème : " Viens renforcer ton coeur "
Au programme :

- le samedi de 14h à 17h :
# poncer le coeur que je vous aurai découpé à la scie sauteuse et mis en volume
# tailler, fouiller dans mes tesselles colorées et mes trésors pour faire votre composition
# Coller les tesselles

- le dimanche de 14h à 17h :
# préparer le joint de carrelage
# jointoyer votre coeur, éponger, lustrer
# Finitions à la peinture
# Pose de l'attache pour le suspendre

2 places disponibles par atelier. Ambiance conviviale, calme et ludique.
Matériel fourni mais si vous avez de la vaisselle cassée à laquelle vous tenez ou autres objets trésors en plastique, faïence, verre vous pouvez les apporter.

Inscription ouverte dès à présent par mail : maloumosaique@gmail.com

Lieu de mon atelier : 41A rue de l'aubépine à Strasbourg

. Tarif : 110 euros le week end.
Désistement accepté 1 semaine à l'avance sinon moitié des séances dues.


 

 

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23 juillet 2018

Coeurs de secours acidulés

11 coeurs de secours. Acidulés. Orange, jaune, vert, rose. Pour donner la main encore un peu à la petite fille de 11 ans qui bat toujours en moi. 47 heures de bienveillance à les réaliser, offertes en pensées dans toutes les directions. Pour une éclaircie d'Amour. Qu'ils rafraîchissent à présent la vie de celles et ceux qui les accueilleront.

Si vous souhaitez en acheter un. Contactez moi. Il en reste 8.

Prix de chaque coeur : 80 euros

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11 juillet 2018

Le coeur de Marie-Jeanne

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Marie Jeanne m'a confié cette jolie cruche à laquelle elle tenait tant pour les souvenirs qu'elle lui évoquait. Elle m'a raconté son histoire. C'était touchant.

 

 

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Alors... Transformation. Et... Abracadabra !

 

 

2018-07-16 18 Je remercie du bout du coeur pour cette très belle rencontre.

 

 

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25 novembre 2017

Bondir dans les flaques

Le temps que l'orage passe. S'assoir dans le brouhaha refuge du café Brant. Le temps d'un cappuccino décaféiné. Le temps d'une averse de grêlons. Le temps d'une pluie mêlée de feuilles. Ocre jaune. Entre l'automne et l'hiver. C'est juste ici. ça sent presque Paris de mes souvenirs. Toutes les langues se croisent. C'est comme à la maison. Turc. Anglais. Allemand et d'autres inconnues.

Deux oiseaux se bercent sur la branche et s'envolent.

Les baies vitrées sont comme au paradis. Grandes ouvertes sur l'autre au parapluie qui court. Un bébé vient d'entrer tout mouillé. Un mélange de toutes nos différences est là. A portée du regard qui ne fuit rien. Absolument rien. Cet imprévu a du charme. Celui qui reste et s'émerveille de la pluie qui tombe. A l'abri de tous ceux que je ne connais pas et qui comme moi se régalent du moment. Une tasse à la main. Un mot pour l'autre. Un sourire. C'est ma première fois du vent qui souffle assise à cette table. Ma première rencontre avec ce chien qui dort. Ses oreilles frétillent dès que la porte s'ouvre. Sa patte blanche est posée. Une tasse vient de tomber. Des messieurs enfilent leur bonnet. L'averse se calme. Je vais régler. Je remercie. Les yeux des étudiants. Le rouge à lèvre des filles. La joie de mes voisins. La jeune fille qui ne quitte pas son portable. La charmante serveuse. Toutes ces voix qui rebondissent sur les plafonniers. Quand la magie rassure tous mes imaginaires. Carnet jaune. Stylo jaune. Je me remets en route avec le bus qui passe. L'éclaircie m'attend. Je ne le sais pas encore. Et pourtant.

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30 octobre 2017

Sous le fil

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La vie assortit le vêtement, met du bleu aux pieds, autour du poignet. Saumon glisse sur les jambes. Des motifs. Des fleurs. Jusque sur la tête. Corail.

Enroulé, le collier aux perles sculptées abandonne sa longueur jusqu'aux genoux. Foulard long. Poivré. Parfumé.

La fibre raconte au fur et à mesure. Elle se souvient.

Ce ne sont plus chaussettes, pantalon, robe à fleurs, bracelet. Le vêtement fredonne ses histoires. Il s'emporte, se porte. De la saison d'hier à celle d'aujourd'hui. Des combinaisons de légèreté. Infinité. Comme un jeu préféré. Celui de s'envelopper.

Ressentir la couleur. Flotter. Lui correspondre. En elle sur les pavés marcher.

Au rythme d'un froufrou, d'une odeur de lessive. Du fil vert pomme entre les perles noué. Des ronds, des feuilles. Rien de transparent. Que du doux confortable. Des formes, des traits, des chaines.

Associations osées. Délibérément vécues.

Une liberté.

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06 août 2017

Silence

Le silence en vagues successives s'évade dans la goutte d'eau. Tombe en cadence dans la bassine. L'envol des bruits ou juste le chuchotement des pas. Une poussette légère. Des quatre pattes qui passent. Mouvement d'une main délicate.

Célébrer l'été. Le don du sol en courgettes et concombres. Basilic. Tomates. Ail frais. Sur le bleu du ciel. Un nuage céleste s'évapore. Le paon au loin tient compagnie. Le soleil régale le ventre de la pie. Un coucher charmant du haut de sa branche. Cueillir. Faire abstraction des moteurs, des gens qui parlent fort sur haut-parleur. Parce que les "Hein", "Comment" dérangent les oreilles. Ecouter les abeilles.

Ne sonnez pas aux portes. Ne criez pas d'angoisse. Calmez vos peurs violentes. Je n'ouvre pas mon coeur au chaos de ce monde. Je laisse passer. Je filtre. L'air que je respire est de douceur.

Faire courir la mine. Glisser sur page blanche. Tellement plus tendre. A toute vitesse l'ombre est la même. Eclairée de soleil. Un chat rêve.

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