Le jour d'à côté a côtoyé mes yeux. De l'imprévu en vue. C'était comme un délice. De ceux qui régalent, qui ravissent la délicatesse. A pas lents j'ai inscrit ce lendemain heureux sur l'agenda. Ne surtout pas passer à côté. La gomme du bout de mon crayon n'effacera pas. Sa mine flirte avec la page qui se détache. J'aimerais tant lui dire. Tout lui chanter. Et sur les pointillés je dépose un silence. Le temps qui existe entre un mot et un autre. Ce moment qui ne roule pas, ne glisse plus. Rapide. L'instant où la main se lève, se soulève de la table.

Le poignet reste appuyé. Les mains se regardent en face à face. Posées. Je joue entre deux lettres avec la paille. A portée de ma bouche. Des framboises en cocktail même sans la saison. Il y a des jours de fête qui s'appuient sur la douceur du jour, se réconfortent avec la dame en bleu qui s'appelle Marcella. Parler. Ravissement. Rencontrer. Devant son jus d'orange elle rayonne l'amour. Coquetterie jusqu'au bout des doigts elle me raconte. Hier. La lecture. Sa passion. Les groseilles. La chantilly aussi. Ses yeux me rappellent le ciel de la vie. Elle me dit son rêve. Celui de cette nuit. Ses parents. Son mari. Ses deux filles. Petites filles. Coco Chanel. Un peu. Si bleu. Avoir 20 ans avant. En avoir vingt à Lyon. Nous parlons fleurs. Poésie. Enfants. Pas d'âge. Belle et vive présence. Dignité ravissante. On évoque Heinrich Heine. Côte à côte.