IMG_2419 Je voudrais me noyer dans le bol d'une soupe. M'arrêter et regarder flotter les légumes. Comme par urgence. Je pose ma cuillère. Le son est suspendu. Pas perdu. Respirer est tout ce qui m'inspire. Le silence je le voudrais total ou comme dans la forêt, bercé par les oiseaux, les craquements de fuites, l'éternité aux branches.

Je comprends mieux la disparition. Celle qui se cache de l'autre côté. Celle que nous entendons nous murmurer la trace.

J'écoute.

Sur le bord de la rivière les scintillements rechargent notre lumière. Elle fleurit comme l'âme au vent de chacun. Mon horizon est total. Il est entouré de ciel. Je n'ai pas oublié. Ne m'en suis pas coupée. Je tends mes bras toutes les fois nécessaires. Je me blottis dedans. Tout contre ce ciel que j'étends infiniment.

Je voudrais toujours pouvoir guider hors des chocs trop lourds, des fardeaux, des blessures, des coups de poing, tracas, des chuttes, des ennuis. Des mortels. Par ce fil invisible et sans oubli je m'inscris encore sur le carnet de bal. Pour une danse nouvelle.

Je me hisse sur le bol de soupe chaude. Richesse. Celle d'un autre temps. Celui des géants. Tout n'est que papier plié, déplié et s'envole. Il y a un immédiat qui survient tout de suite. Pas d'entre deux comme au bord d'une rivière.

Juste le souffle de l'être.