Dédiée à tous les êtres qui sont passés, passent et passeront

               LOVE, MerCi de pAnseR eT dE PorTeR SecOUrS A ToUS Les ETRES

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  malou mosaique installation d'amour17    malou mosaique installation autour du thème de l'amour Cuisine de l'Appartement 22, Tour 28, Avenue de Normandie,à la Meinau, à Strasbourg. Installation réalisée de mai à septembre 2012, Zone artistique temporaire. Pour 2 jours ouverts au public, les 15 et 16 septembre 2012.

Ma démarche pour cette installation

Revenir sur les traces du passé, avec en tête ce thème choisi à 4, celui "du soin, du passage".

Bien sûr, ce n'est pas la même tour que celle de mon enfance, pas la même ville, pas la même adresse... Pourtant dans ce projet de résidence que j'ai accepté et pour lequel j'ai postulé avec le collectif d'artistes femmes plasticiennes LesUnes, j'ai délibérément choisi de travailler dans la cuisine de l'appartement 22, lorsque notre dossier a été validé et que les clés des appartements nous ont été données. Depuis l'écriture du projet, je sais bien où je vais mettre les pieds... dans la cuisine de cet appartement, mais aussi symboliquement sur les traces de mon passé, du drame de mes 11 ans. Un traumatisme sur lequel j'ai déjà tant travaillé mais pas de cette manière, pas en actes, pas avec mes pinces et mes petits bouts brisés, pas dans un espace qui m'y ramène directement. Je sais déjà que c'est risqué. Il y a parfois des tiroirs de nos vies qu'il vaut mieux laisser fermés. Je le sais. Pourtant, j'y vais, j'avance. Cela me semble une belle opportunité de panser et de panser encore : retourner comme sur les lieux du crime, symboliquement, pour une autre reconstitution. Un gros nettoyage d'été. J'y mettrai d' autres couleurs.

Ce présent n'a rien à voir avec mon passé après tout...

Je décide donc dès le départ de panser les murs, de garder la même ligne de conduite qui est toujours venue à mon secours. A mon arrivée, sur place et tout au long des semaines, je reconnais les odeurs : les mêmes. Les matériaux de mon passé : les mêmes. Les bruits, les cris : les mêmes... La cage d'escaliers... Tout me rappelle et tout de moi voudrait fuir... Je plonge dans une peur terrifiante, la même qu'à mes 11 ans. Le cerveau, la mémoire cellulaire ont ce quelque chose qui me dépasse... Je retrouve les mêmes émotions qui tenaillent mon corps jusqu'à l'extinction de ma voix. Je me laisse envahir totalement sans perdre de vue que ce n'est pas le même endroit, que je ne suis plus la petite de 11 ans, qu'il m'est donnée de transformer quelque chose ici et maintenant, toujours. J'observe en moi et tout autour. Je ne travaille pas seule sur ce projet. Je me sens soutenue par la créativité des autres artistes. 

Je prends mon temps, mon souffle. Pas à pas, j'installe mon matériel, je tiens en mains les couleurs, je cherche, j'y vais à tatons, je doute, j'ai mal dedans, je me dis que je n'en serai pas capable, que si, que c'est trop dur, que non, que je ne peux pas,  illusion... Je prends du recul, je m'écarte. Je reviens. J'accepte de ne pas savoir où je vais et j'y vais, je me lance. Je choisis ma direction, celle de la joie, d'un peu plus de légèreté, afin de basculer vers ce positif bien présent, celui d'être et de partager ce moment avec d'autres. Je choisis d'enraciner l'amour, là, sans plus attendre, pour tous ceux qui sont passés, passent et passeront. L'enraciner en moi et tout autour. Afin de ne pas me laisser aller aux images du passé qui sortent des murs avec leurs mémoires, je chante. Principalement le son "O", ce son qui part du ventre, ce son d'énergie vitale, associé à la couleur vivifiante et joyeuse de l'orange. J'en fais des bulles orangées sur les murs pour que ce son s'imprègne bien. Je ris, siffle, chante et souris dès que je me mets au travail, j'offre toutes mes heures à tailler, coller, jointoyer, peindre... en pensées, à la Bienveillance, afin qu'elle s'installe en moi et tout autour, afin qu'elle l'emporte véritablement,

Et je remercie sincèrement